Fidèle à la visée originale qui a présidé à la naissance de GK, le Dr Zafrullah cherche encore et toujours à procurer des soins de qualité adaptés aux plus pauvres là où ils se trouvent : dans les villages, dans les bidonvilles, dans les zones désertées par les pouvoirs publics ou les autres ONG. Par divers moyens mis en oeuvre GK continue à inventer et à mettre en place des structures de soins qui tracent la voie, mettent en évidence la place primordiale de la santé dans des processus de développement intégré.

paramédic visitant une patiente

Paramédic, femme

Les Paramédics

Depuis maintenant cinquante années, GK assure les soins de santé primaire au plus près des villageois par l’intermédiaire de jeunes «paramédics». Au fil des ans, leur domaine de compétence a été élargi et actualisé jusqu’à tout récemment : l’éducation et la surveillance en rapport avec la pandémie de Covid-19.

Mise en place dès 1971

Dès 1971, s’étant inspiré du concept des « médecins aux pieds nus » instauré en Chine par Mao, le Dr Zafrullah Chowdhury décide d’aller travailler au cœur même des villages. Des jeunes paramédics femmes sillonnent la campagne deux par deux à pied ou, ce qui est une véritable révolution, en vélo. Leur mission consiste à apporter des notions d’hygiène, des soins de santé élémentaires et des conseils en planification familiale dans un pays où une guerre éprouvante a complètement désorganisé le système de soins. Elles réalisent aussi une enquête pour déterminer le niveau social des familles.

Formation

Les candidats doivent avoir le niveau minimum classe de seconde. Ils reçoivent une formation pendant trois ans incluant six mois de stage. Une classe est composée d’environ 70 % de jeunes filles.

L’enseignement porte sur les éléments de base de la Protection Maternelle et Infantile : le suivi de grossesses et la prévention des pathologies, l’accouchement normal et son déroulement à domicile avec les sages-femmes traditionnelles, la détection des signes d’un accouchement pathologique et l’importance de se rendre à l’hôpital, le suivi du bébé et du développement de l’enfant. La contraception et le travail en lien avec les services gouvernementaux du Planning Familial. Des notions de secourisme avec l’apprentissage des premiers soins d’urgence. Cette formation est complétée par des notions de droit et défense des femmes contre les violences domestiques. Récemment le suivi des personnes âgées est venu compléter le cursus.

Travailleur de santé de base, agent communautaire, travailleur social telles sont les compétences mises en œuvre par les paramédics au sein des villages.

Travail de terrain

Les paramédics rayonnent vers les villages à partir des dispensaires de campagne de GK. Elles forment un maillon essentiel entre le village et le dispensaire ou l’hôpital.

Les centres de santé ou dispensaires offrent la possibilité de soins plus éléborés. Ouverts 24/24, ils sont tenus par une paramédic senior et bénéficient parfois de la présence d’un médecin.

En milieu urbain et suburbain, les habitants et les travailleurs sont reçus à bord d’une « clinique mobile ». Il s’agit d’un fourgon équipé d’une table d’examen, de petit matériel et d’une pharmacie. Les fourgons tournent 6 jours sur 7 dans une dizaine de lieux différents soit une visite tous les 15 jours au même endroit. Un ou deux médecins sont présents ainsi que des paramédics junior et senior. Le travail se fait en lien avec un centre de santé référent. Les patients peuvent bénéficier d’une assurance GK dont le prix est fixé en fonction de leurs revenus.

Paramédic et promotion interne

GK est reconnu comme organisme formateur pour les paramédics. Un certain nombre de jeunes, diplôme en poche partent travailler hors GK. Le Dr Zafrullah est fier de contribuer ainsi à la formation professionnelle des jeunes et à leur promotion par un travail utile pour le pays.

Les paramédics qui font le choix de rester et de travailler au sein de GK ont de nombreuses possibilités d’évolution professionnelle.

Les paramédics devenues senior se voient confier différentes tâches: gestion d’un centre de santé, enseignement (paramédics, sages-femmes traditionnelles), gestion de différentes structures ou pôles d’activité GK à Savar par exemple. A Cox’s Bazar, une équipe d’une douzaine de personnes gère pour GK 15 centres de santé dans les camps de réfugiés Rohingyas. Sept d’entre elles ont débuté comme paramédics et sont maintenant responsables de programmes complexes.

Un pôle de Formation en Santé Communautaire implanté à Savar gère formations et spécialisations. Il est dirigé par le Dr Rezaul Haque et la Dr Mahjebin qui coordonne l’ensemble des formations internes et des spécialisations avec partenariat externe.

Quelques exemples de parteneriat externe : spécialisation en prévention, dépistage et suivi pour IST et VIH, spécialisation en dialyse rénale (Kidney Foundation, Institut gouvernemental du Rein), anesthésie, instrumentation de salle d’opération et stérilisation, pharmacie, technique d’analyses de laboratoire, sang, urine et autres, formations en radiologie certifiées par le gouvernement.

Les paramédics peuvent également acquérir d’autres compétences en interne : en informatique au sein du VTTI (pôle de formation professionnelle), en comptabilité et statistiques, en gestion de programmes, en école de conduite (VTTI), en agriculture, en hygiène collective et sécurité sanitaire.

Il faut rappeler aussi la possibilité de postuler à l’Université de GK pour des diplômes de pharmacie, médecine, microbiologie, kinésithérapie ou autre domaine.

D’après la Pr Leila Parvin Banu, vice chancelière de l’Université : « être paramédic représente pour les personnes d’origine très modeste, le seul moyen pour accéder à l’université »
Après leur formation, une partie des élèves trouve un emploi à l’extérieur de GK.

Être paramédic chez GK, c'est se mobiliser

Être mobile pour aller à la rencontre des personnes précaires ou isolées au coeur des villages et des bidonvilles.

Être mobilisable pour les urgences qui frappent régulièrement le Bangladesh : catastrophes naturelles (inondations, cyclones), industrielles (Rana Plaza) ou humaines comme avec l’accueil, en premier à leur arrivée fin août 2017, des malheureux réfugiés Rohingyas bien avant la mise en route de l’aide internationale !

Être motivé par l’acquisition de nouvelles compétences au sein de leur parcours chez GK. 

 

soins, maternité

Les soins liés à la maternité

Au Bangladesh plus de 80% des accouchements ont lieu à domicile, c’est pourquoi GK depuis l’origine a choisi de former et d’accompagner les femmes qui président aux naissances en milieu rural. Ces sages-femmes traditionnelles (TBA ou Traditional Birth Attendants), en général illettrées, ont quelques connaissances informelles acquises auprès de leurs ainées et par la pratique.
Bien que pratiquant des centaines d’accouchements, elles ont un statut un peu à part car tout ce qui entoure l’accouchement est considéré comme impur.

Formation des sages-femmes traditionnelles

GK, à travers des cours de niveaux progressifs, leur donne un nombre important de clés relatives à l’hygiène, aux bons gestes, au dépistage de pathologies puis les met en lien direct (téléphone portable) avec les « paramédics » des centres de santé ( 24h/24 et 7j/7).
Les enseignantes sont des paramédics senior rompues à toutes les techniques classiques d’enseignement (mannequins pour la pratique …) et d’animation de groupe (écoute active, jeux de rôle…). Lors de la formation initiale elles apprennent les éléments de base pour le suivi de la grossesse et les signes à surveiller, la conduite d’un accouchement, le dépistage de complications et la conduite à tenir. Une attention particulière est apportée à l’hygiène des mains (lavage au savon et ongles coupés), l’allaitement, la prise du pouls et de la température et l’utilisation de cinq médicaments (vitamines, fer, paracetamol).
Elles apprennent des rudiments de soins au nouveau né (traitement de l’apnée), les conseils pour l’allaitement et la mise au sein précoce.
D’autres thèmes sont abordés comme la puberté, l’âge du mariage, les grossesses précoces, la contraception, la détermination du sexe de l’enfant (pour déculpabiliser la parturiente de la responsabilité du sexe de l’enfant), les droits des femmes et les relais possibles. Un kit d’accouchement leur est offert une fois leur formation validée.

Les cours de perfectionnement sont plus élaborés avec l’appréciation des différents stades de la dilatation, les bons gestes pour la venue du bébé, mais surtout une présentation sur les maladies visibles et invisibles du nouveau né ou du bébé afin d’inviter les accoucheuses à conseiller les mamans et vaincre leur peur en les accompagnant lors de consultations médicales. Il s’agit de casser le mythe de la fatalité quand beaucoup de pathologies sont curables médicalement ou chirurgicalement.
Il est intéressant de constater, quand on a la chance d’assister à un cours, à quel point ces femmes bien qu’illettrées ont une perspicacité, une intelligence des situations et possèdent un réel sens clinique. Les schémas, les mannequins et autres démonstrations ont un écho total chez elles qui ont déjà pratiqué des dizaines d’accouchements dans les maisons.
On sent bien que chaque situation leur parle et elles sont d’une concentration impressionnante pendant les cours et démonstrations. Avides d’apprendre et très dynamiques, une fois formées ce ne sont plus les mêmes femmes ! Merci à elles au nom des jeunes mamans en milieu rural ! Merci à GK pour la promotion sociale et personnelle de ces femmes !

Au fil des années, ces formations se sont avérées très efficaces : le taux de mortalité infantile dans les familles suivies par GK est de 20 pour 1 000 naissances, contre 37 au Bangladesh et le taux de mortalité maternelle est de 0,9 pour 1000, contre 1,7 au Bangladesh.

camp médical dans les locaux d'une école

Les camps médicaux spécialisés