Covid 19

Le covid 19 a durement touché le Bangladesh comme tous les pays en voie de développement.

Après avoir été relativement épargné au début de la crise, le pays a enregistré une forte montée des cas en raison du variant delta en 2021. Le Bangladesh a souffert de manque de vaccins, d’oxygène et d’infrastructures médicales pour accueillir les patients. Heureusement, le nombre de malades est en diminution depuis le mois d’août.

Les problèmes économiques et sociaux générés par les confinements successifs auront un impact à long terme sur le taux de pauvreté. Selon l’ONU, il est remonté à 40,9% alors qu’il était à 20,5% en 2019. Ce sont les travailleurs de l’économie informelle qui ont le plus souffert.

Les personnels de GK sont toujours mobilisés sur le terrain, dans les Centres de santé, les hôpitaux, même si un nombre conséquent d’entre eux a été atteint par le covid 19.

Sida/VIH prévention

Depuis trois ans, GK organise un travail de prévention, dépistage et traitement du Sida/VIH et des IST auprès des communautés de prostituées, travailleurs, étudiants. Il réalise ce programme à Daulotdia, carrefour de transports routiers, ferroviaires et fluviaux.

Une extension de ce projet est lancée à Faridpur pour les années 2021 à 2023 dans les mêmes conditions et avec les mêmes objectifs : rompre le silence autour des problèmes liés au VIH, sensibiliser les groupes ciblés à risque, prévenir la propagation du virus, et déclencher une modification du comportement de la communauté locale.

Distributions de préservatifs, de livrets de “prise de conscience”, fourniture de tests de dépistage, affichages de posters, réunions de formation, ateliers avec des prostituées, communications individuelles, toutes ces actions de prévention faites par le personnel de GK et les “paires”, anciennes prostituées recrutées et formées, sont gratuites.

Pour compléter cette action, ainsi que les services de base qu’il assure dans ses Centres de santé ouverts à tous, GK travaille à l’amélioration des conditions de vie des enfants des prostituées, ostracisés par la société.

Ces programmes, pris en charge en 2021 par l’Antenne du Cher, a bénéficié d’une importante subvention de la Ville de Paris.

Camps médicaux spécialisés

GK organise régulièrement, dans les zones rurales, des camps médicaux spécialisés pour les populations délaissées en matière de santé :

-à Naodhar, dans la région reculée de Sylhet au nord-est du Bangladesh

-à Charfassion, île du Golfe du Bengale au sud du pays

Ces « hôpitaux de campagne » se généralisent petit à petit dans beaucoup de régions. Ils sont organisés en lien avec les responsables locaux et annoncés par affichage. Beaucoup de personnes viennent de zones rurales parfois très éloignées.

Au cours d’une première journée, les patients sont orientés vers différentes consultations et analyses biologiques à moindre coût. Les médicaments sont dispensés immédiatement à prix coûtant.

En cas de pathologies plus graves, ils sont déplacés vers un Centre de santé proche qui comprend un bloc opératoire de petite chirurgie. Là, un groupe de spécialistes venus, avec le matériel technique nécessaire, des hôpitaux de GK de Savar et Dhaka pratiquent des opérations de toutes spécialités pendant 2 à 7 jours.

Outre les soins apportés, GK réalise auprès des patients un travail de sensibilisation à l’hygiène, la nutrition, l’assainissement. Cette organisation très rigoureuse permet une couverture de santé à prix accessible aux plus pauvres.

Par ces actions, l’objectif de GK est aussi de plaider, auprès du gouvernement et des professionnels du secteur, en faveur d’une couverture de santé universelle. qui ne laisserait pas les défavorisés privés de soins médicaux.

Après avoir financé partiellement les camps spécialisés de Naodhar, le CFS a soutenu en 2022 et 2023 un programme de camps médicaux à Charfassion. Une équipe, formée spécialement, de 43 médecins, spécialistes et paramédics s’est déplacée régulièrement.

Entre le 01/11/2022 et le 28/02/2023, l’équipe médicale a vu 1659 patients (dont 850 de sexe féminin et 809 de sexe masculin), incluant 144 enfants. 90 opérations gynécologiques et 57 opérations des yeux ont été effectuées.

Centres de Santé dans les Chars

Depuis 2004, GK fournit des soins de santé primaire aux habitants des « chars » grâce à ses Centres de Santé situés sur ces îles temporaires. Un nouveau plan d’aide est prévu pour les années 2021-2023.

Dans cette région des grands fleuves du nord du pays, 60% de la population vit sous le seuil de pauvreté, souffre de malnutrition, en particulier les femmes et les enfants et manque de soins de santé. Ces conditions de vie constituent une grave menace pour l’avenir des habitants.

Six Centres de Santé des districts de Gaibandha, Kurigram et Dinajpur ainsi que l’hôpital référent de Gaibandha ont besoin d’aide pour maintenir leurs services qui couvrent 28 512 familles de 5 personnes, en moyenne.

Les objectifs de ce programme sur trois ans sont :

-maintenir ouverts 7 jours sur 7 et 24h sur 24 les centres de santé avec fourniture des médicaments prescrits ;

-réduire la mortalité maternelle et infantile, due en partie aux mariages précoces des filles, résultant de la pauvreté et de l’insécurité ;

-augmenter les taux de vaccination très faibles dans la région ;

-poursuivre les visites faites de porte à porte par les paramédics auprès des malades isolés, et des femmes enceintes ;

-participer au planning familial en lien avec les instances du gouvernement ;

-sensibiliser les habitants et les écoliers à l’hygiène et aux premiers soins de santé par des réunions dans les villages et les écoles ;

-assurer la formation et le perfectionnement des paramédics et des TBA (sages- femmes traditionnelles) vivant sur place ;

-organiser, avec les collaborateurs locaux, les camps médicaux spécialisés qui ont lieu tous les six mois, avec la participation des médecins de l’hôpital de Savar.

Chaque année, des habitants des « chars » perdent leurs maisons, récoltes, bétail, en raison des inondations de mousson, de l’érosion des sols et de la disparition des terres. GK espère poursuivre son action humanitaire autant qu’il en aura les moyens.

Le CFS soutient ce programme.

La télémédecine

En 2021, le projet pilote de télémédecine lancé par GK dans les « chars » des districts de Kurigram, Gaibandha et Dinajpur, au nord du Bangladesh a permis à plus de 16 000 patients de 86 villages de bénéficier de consultations à distance.

Le Comité français qui a soutenu ce programme en 2021 et voudrait renouveler son aide à GK pour 2022 cherche des financements.

Le but de la télémédecine est de permettre un meilleur accès à la santé pour les populations très pauvres habitant des régions isolées et privées d’infrastructures.

Les Centres de santé implantés par GK et gérés par des paramédics fournissent les soins de santé primaire mais n’ont que rarement des médecins sur place. Grâce à la télémédecine, les patients peuvent bénéficier, avec la contribution des paramédics présents à leurs côtés, d’une consultation à distance avec un médecin ou un spécialiste basé à Savar ou à Dhaka.

Cette formule réduit les coûts et les longs temps de transports, autant pour les médecins que pour les patients. Elle permet, en outre, aux paramédics d’avoir des contacts réguliers avec le corps médical des hôpitaux de GK et de perfectionner leurs pratiques de soins.

Formation de paramédics et sages-femmes

Le Comité français soutient deux nouveaux programmes de formation de paramédics et de sages-femmes traditionnelles (TBA) de juillet 2020 à décembre 2021.

120 jeunes suivent quatre mois de formation en soins de santé primaire. Ces nouveaux paramédics travaillent ensuite, pendant deux ans, sous la supervision directe d’une paramédic senior dans les Centres de santé de GK. Les expériences et problèmes sont partagés le soir avec le médecin superviseur.

Après deux ans, 20 d’entre elles et eux suivent un perfectionnement pendant six mois dans différentes spécialités. Cette professionnalisation permet à beaucoup de jeunes filles, en particulier, d’éviter les mariages précoces et d’acquérir de l’autonomie.

Le deuxième programme concerne les sages-femmes traditionnelles (TBA) habitantes des petits villages qui assurent la majorité des accouchements à domicile dans les campagnes. Ces femmes plus âgées ont déjà une grande expérience, mais GK complète leur formation en anatomie, en mesures d’hygiène, d’assistance aux mères et aux nouveau-nés. 200 TBA suivront des stages de cinq jours et 300 autres bénéficieront d’une journée de perfectionnement. A la fin du stage, chaque TBA reçoit un équipement de base.

GK a fait le choix de s’appuyer sur ces « matrones » qui connaissent parfaitement leurs villages et jouissent d’une autorité « naturelle », plutôt que d’inciter les mères à se rendre dans les cliniques privées où c’est trop souvent le profit qui préside, ce que l’on constate en particulier avec le recours à la césarienne bien plus fréquent que dans les autres pays.