Les réfugiés Rohingyas

Près de Cox’s Bazar, sur le plus grand site de réfugiés et le plus surpeuplé au monde, les conditions de vie des Rohingyas qui ont fui le Myanmar sont de plus en plus difficiles : « verrouillage » des camps pour lutter contre le Covid 19, problèmes de malnutrition dus aux manques de ressources des réfugiés.

Le 22 mars 2021, un énorme incendie a provoqué la mort de 11 personnes, endommagé plus de 10 000 abris. Il a obligé ainsi le déplacement de 48 300 personnes. Les secours du gouvernement et des ONG se sont rapidement mis en place pour apporter nourriture, nouveaux abris et assistance médicale.

La mousson du mois de juillet a provoqué inondations, glissements de terrains, destructions d’habitations et le déplacement de 25 000 personnes.

Dans la région, la pression des réfugiés est très forte par rapport à la population locale. 500 000 bangladais subissent l’impact socio-économique et environnemental lié à l’afflux du million de réfugiés, ce qui provoque des tensions.

Pour décongestionner les camps surpeuplés de Cox’s Bazar, le gouvernement a prévu d’ici fin 2021 le déplacement de 100 000 Rohingyas sur Bhasan Char. Cette île du Golfe du Bengale se situe à 60 kms du continent. La marine bangladaise y a construit immeubles collectifs, dispensaires, écoles, mosquées, abris anti-cycloniques. A cela s’ajoute une digue périphérique de trois mètres de haut pour protéger des inondations. Les réactions des Rohingyas déplacés sont plutôt positives car ils habitent maintenant des bâtiments en béton et non plus en bambou et boue où ils vivaient depuis trois ans. Ils espèrent pouvoir y pratiquer des activités telles que la pêche, le jardinage ou l’élevage de poules. Des ONG locales, dont GK notamment, fournissent les soins de santé de base. Mi-avril, Bhasan Char accueillait déjà  18 000 Rohingyas.

Cependant, leur avenir demeure toujours incertain. Ces solutions temporaires montrent l’échec de la communauté internationale à apporter une solution à long terme à la situation des Rohingyas. Le dernier coup d’état militaire birman de février 2021 met à mal tout espoir de retour des rohingyas dans leur pays.

GK auprès des Rohingyas à Bhasan Char

Depuis août 2017, GK est toujours présent dans les camps de réfugiés Rohingyas du sud du Bangladesh et maintenant sur l’île isolée de Bhasan Char.

Dans ses Centres de Santé soutenus par le HCR et Malteser International près de Cox’s Bazar, il assure, avec ses équipes, un soutien médical indispensable : PMI, planning familial, consultations générales et psychologiques, éducation à l’hygiène et à une alimentation adaptée aux enfants. Toutes ces tâches se sont avérées compliquées par la pandémie de Covid 19 qui a nécessité d’importantes précautions.

En décembre 2020, le gouvernement bangladais a débuté une opération de relocalisation de Rohingyas sur l’île de Bhasan Char : leur nombre qui devait atteindre 100 000, fin 2021 serait plutôt de 30 à 40 000 en 2022. Pour soigner les réfugiés sur cette île isolée du Golfe du Bengale, GK a dû envoyer des membres de son personnel : 1 docteur, 3 paramédics, 1 sage-femme, 1 physiothérapeute, 1 manager. Mais, dès maintenant, un plus grand nombre de soignants s’avère nécessaire.

Pour traiter les urgences et les cas compliqués, l’équipe a organisé un camp médical du 18 au 21 octobre 2021. Accompagnés du Dr Kadir responsable de GK, 7 médecins spécialistes et 1 psychologue ont fait le déplacement depuis Dhaka.

En 2022, GK a reçu des soutiens logistiques et financiers du HCR et de Malteser International, afin d’améliorer son offre de soins sur l’île. C’est ainsi qu’il a pu mettre en place un service de télémédecine entre l’île et les médecins spécialistes de GK basés à Dhaka.

Une délégation de 6 membres conduite par Mr Filippo Grandi, haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, a visité le Centre de Santé de GK, le 24 mai 2022. Mr Grandi a visité les différentes salles du centre et s’est informé des problèmes et des défis auprès du personnel de GK et des bénévoles réfugiés.