Revue de presse septembre 2026

Ces informations, issues de journaux bangladais, offrent un aperçu d’évènements politiques, économiques et sociaux du Bangladesh.

-Politique et général : Le premier ministre a participé à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies et a tenu des réunions bilatérales avec 11 pays. Il a abordé les questions de commerce, d’exportation de main-d’œuvre, de sécurité énergétique, de santé, de crise climatique et des Rohingyas.

Lancement d’un projet pilote pour l’enregistrement numérique des mariages et des divorces afin de faciliter la prévention des mariages d’enfants, de la polygamie, des faux certificats et autres formes de fraude.

Le 24 septembre, Le centre Radda MCH-FP de Mirpur 1, à Dhaka, a été vandalisé, pillé et démoli par plus de 200 personnes. Les dégâts s’élèvent à plus de 10 millions de taka. Le centre offre des services de santé maternelle et infantile et des programmes de santé communautaire aux populations défavorisées. Il avait déjà fait l’objet de tentatives d’accaparement, de la part de deux factions locales du BNP. Une député BNP, soupçonnée d’être impliquée, a été dû démissionner.

Dans le pays, les signalements d’accaparements de terres et de maisons, d’expulsion de personnes sans terre des îles fluviales et d’attaques contre des habitations ont augmenté. 38 personnalités, dont Shireen Pervin Huq (présidente du CA de GK), ont réclamé une enquête impartiale afin que les individus et groupes impliqués et leurs protecteurs au niveau national et international, soient identifiés et punis. 

-Economie : Les exportations de vêtements du Bangladesh vers l’UE ont baissé de 13,65 % en valeur et de 5,66 % en volume entre janvier et juillet. Pour cette période, le prix unitaire des vêtements bangladais était de 13,80 € par kilogramme. Les exportateurs perdent du terrain face au Vietnam, à la Chine et à l’Inde, en raison de la moindre qualité des produits, de la hausse des coûts de l’énergie, de la logistique. Les PME sont les plus touchées.

L’électricité a augmenté de près de 19 %, entre février 2024 et juin 2026. Le 21 septembre, le prix du diesel est passé à 135 taka le litre. Le pays l’achète à environ 205 taka.

-Santé : le Bangladesh manque de médecins. Ils sont 30 311 dans les hôpitaux publics, pour 41 806 postes autorisés. La planification familiale a subi des perturbations au cours des trois dernières années en raison d’un manque de matériel de contraception et de médicaments essentiels.

La pénurie de vaccins contre la rougeole, due à une mauvaise gestion des commandes, a provoqué une épidémie. Depuis mars, le nombre de décès dus à la rougeole et aux symptômes apparentés est de 1104. Une nouvelle campagne de vaccination pour les enfants de six mois à moins de cinq ans vise 3,4 millions d’enfants.

Cette année, on compte 245 décès dus à la dengue. Des opérations nationales de sensibilisation et de nettoyage sont organisées. Les zones à risque ont été identifiées à partir de l’adresse des patients.

Le gouvernement a approuvé la création de 200 lits supplémentaires pour l’Institut national de recherche sur le cancer et l’hôpital (NICRH) de Dhaka. Depuis février, le gouvernement a approuvé environ 2 800 lits supplémentaires dans 16 hôpitaux publics et 700 lits pour quatre nouveaux hôpitaux publics de districts.

L’enquête 2025 par grappes à indicateurs multiples (MICS, source de données pour les Objectifs de développement durable, ODD) révèle que seuls 42,6 % des Bangladais ont accès à une eau gérée en toute sécurité, et ce chiffre tombe à 37,1 % selon les normes de l’OMS une fois pris en compte l’arsenic et la bactérie E. coli. Autrement dit, plus de 106 millions de personnes au Bangladesh n’ont pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité.

-Environnement : En septembre, le pays a reçu 17,9 % de précipitations de moins que la normale.

Au sud-est du Bangladesh, la plage de 120 km qui s’étend de Cox’s Bazar à Teknaf est l’attraction touristique la plus visitée des Bangladais, mais depuis 1989, 1 085 hectares de terres ont disparu dans la mer. Les courants océaniques, les cyclones, la montée du niveau de la mer, ainsi que les activités humaines sont responsables de cette érosion. Le taux d’élévation du niveau de la mer, de 5,05 millimètres par an à Cox’s Bazar, est supérieur à la moyenne mondiale. Les digues de géosacs mises en place n’enrayent pas le phénomène. La plantation de végétation côtière serait nécessaire pour offrir une protection naturelle contre l’action des vagues.

Selon une étude de 2022, le Bangladesh produit, par jour, environ 3000 tonnes de déchets plastiques dont une grande partie finit dans le réseau fluvial du pays. L’industrie du plastique est aussi en plein essor au Bangladesh. Plus d’informations :  https://campaign.thedailystar.net/plastic-pollution/

Sources : Prothom Alo et Daily Star

Reconnaissance de la BRAC Bank

A l’occasion du 25ème anniversaire de sa fondation, la BRAC Bank a honoré GK Savar, en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle au développement du Bangladesh dans les domaines de la santé et du social.

La BRAC Bank est reconnue dans le monde entier pour avoir développé le micro-crédit en faveur des populations défavorisées.

Shireen Parveen Haque, veuve du Dr Zafrullah et présidente du Trust GK et Syeda Mumtaz Begum, ancienne ambulancière ont reçu cet honneur au nom de l’ONG GK Savar.     

 A. Zafikuzzaman, directeur général du Centre de santé publique assistait à la cérémonie.

La BRAC Bank reconnaît ainsi le travail inlassable du Centre de santé publique dans les soins de santé, l’industrie médicale, l’autonomisation des femmes et le développement rural au Bangladesh au cours des cinq dernières décennies.

Pour GK, cet honneur est le reflet du rêve de son fondateur, le Dr Zafrullah Chowdhury, et du travail acharné de tous ses travailleurs. GK remercie la BRAC Bank et s’engage à poursuivre cette aventure et son soutien à des millions de personnes.

Prix de l’Indépendance 2026

Le gouvernement du Bangladesh a décerné le prix de l’Indépendance 2026, à titre posthume, au Dr Zafrullah Chowdhury, pionnier du mouvement de santé publique, ainsi qu’au Centre de santé publique Gonoshasthaya Kendra dont le siège est à Savar.

Cette plus haute distinction de l’Etat est une marque de reconnaissance pour leur contribution à la santé publique et au bien-être humain depuis la guerre d’indépendance.

En 1972, le Dr. Zafrullah Chowdhury, combattant de la liberté, a créé un centre de santé publique visant le service social de masse, le développement du système de santé rural, les traitements abordables et l’établissement des droits fondamentaux, en particulier pour les femmes, à la lumière de ses idéaux et de sa philosophie.

En 1977, le Dr Zafrullah avait déjà reçu le prix de l’Indépendance pour ses programmes novateurs de planification familiale et de soins de santé primaire.

Le Centre de santé publique qui travaille toujours pour le bien-être des populations a dédié cet honneur au peuple du Bangladesh, avec lequel a commencé son engagement à servir. Cette reconnaissance l’inspirera à l’avenir dans la lutte pour les soins de santé et la justice sociale.

Mouvement des étudiants

Mi-juillet 2024, en raison d’un fort taux de chômage chez les jeunes, les étudiants ont lancé un mouvement de protestation contre les quotas d’admission à la fonction publique, favorisant les proches du pouvoir depuis de nombreuses années. Débutées pacifiquement, les manifestations ont vite tourné au drame en raison de l’intransigeance de la première ministre Sheikh Hasina. Suite à la journée meurtrière du lundi 4 août, le bilan était de plus de 400 morts dont beaucoup par balles.

GK qui s’est mobilisé pour accueillir les nombreux blessés dans ses hôpitaux, poursuit toutes ses activités dans les centres de santé, à travers le pays et dans les camps de réfugiés rohingyas à Cox’s Bazar.

Après trois semaines de manifestations et de combats dans la capitale Dhaka ainsi que dans les différentes régions du pays et la démission de Sheikh Hasina, la situation redevient progressivement calme.

Le 7 août, l’armée et les étudiants se sont mis d’accord pour nommer Muhammad Yunus, « le banquier des pauvres » prix Nobel de la Paix, chef du gouvernement intérimaire. Zafrullah Chowdhury, fondateur de GK et lui étaient des amis de longue date. Ils ont contribué au développement du pays en défendant et en aidant les plus pauvres.

Plus de 2 200 personnes, dont la principale opposante au régime déchu, ont été libérées sous caution ou devraient l’être.

Langue maternelle

L’initiative de célébrer la journée internationale de la langue maternelle vient du Bangladesh. Les habitants de ce pays qui était alors la partie orientale du Pakistan n’avaient pas le droit de parler leur langue maternelle le bengali. Ils devaient parler l’ourdou, langue de la partie occidentale éloignée de 1600 kms.

Le 21 février 1952, lors d’un rassemblement pour réclamer ce droit, des jeunes étudiants et d’autres manifestants furent tués par les forces pakistanaises. Depuis lors, cette journée est déclarée au Bangladesh « Jour des martyrs » et est à l’origine de la défense des langues maternelles dans le monde.

De nos jours, 40% de la population mondiale n’a pas accès à un enseignement dans une langue qu’elle parle ou comprend.

En 2023, l’Unesco fête la journée internationale de la langue maternelle sur le thème « L’éducation multilingue, une nécessité pour transformer l’éducation« . Il est question de mettre l’accent sur « le potentiel du multilinguisme de transformer l’éducation dans une perspective d’apprentissage tout au long de la vie ».

L’éducation multilingue basée sur la langue maternelle permet à chaque fille et chaque garçon d’apprendre, de s’épanouir et de prendre une part active dans la société. Elle favorise le respect de la diversité et de l’inclusion.

Photo de S.M. Rahim, l’un des gagnants du concours de photos organisé par GK et son université à l’occasion du Jubilé d’or de l’indépendance du Bangladesh.