Ces informations, issues de journaux bangladais, offrent un aperçu d’évènements politiques, économiques et sociaux du Bangladesh.
-Politique et société : Khaleda Zia, ancienne première ministre et présidente du BNP, est décédée le 30 décembre 2025. Rentré de Londres après 17 ans d’exil, son fils Tarique Rahman prend la tête du parti et se présente aux élections.
Les 13ème élections législatives et le référendum au sujet de la Charte de juillet sont prévus pour le 12 février 2026. 127,6 millions d’électeurs doivent élire 350 députés.
Des rivalités croissantes entre les partis ou entre leurs différentes factions provoquent quantité de violences. A la suite du meurtre de Sharif Osman Hadi, fondateur de Inqilab Moncho, plateforme socioculturelle et candidat indépendant aux législatives, par des membres de l’aile étudiante de la ligue Awami, une journée de deuil a été décrétée. Des manifestations se déroulent pour réclamer justice.
Démissions et controverses à l’intérieur du NCP qui a rejoint l’alliance de huit partis dirigée par Jamaat-e- islami, cet accord donnant la priorité aux alliances stratégiques au détriment des valeurs démocratiques.
Le 19 décembre, les journaux Prothom Alo et Daily Star à Dakha ont été victimes d’incendies criminels et de pillages. Une trentaine de personnes ont été arrêtées jusqu’à présent.
17 novembre : le tribunal pénal international du Bangladesh a condamné à mort, pour crimes contre l’humanité lors des évènements de juillet 2024, l’ancienne Première ministre destituée Sheikh Hasina, ainsi que son ministre de l’Intérieur. Tous deux sont en fuite en Inde. Le gouvernement a réclamé l’extradition de Hasina, mais l’Inde temporise et semble attendre les élections de février 2026.
Le 25 novembre, un incendie a ravagé le bidonville de Korail à Dhaka. Ce bidonville, abritant près de 150 000 personnes, est relié à la route principale par un étroit chemin qui reste souvent encombré par des files de rickshaws et que les pompiers ont eu du mal à emprunter. L’incendie a laissé environ 6 000 personnes sans abri.
-Economie : En moyenne, 55% des dépenses mensuelles des familles vont à l’alimentation. Actuellement, les prix du riz et des oignons sont très élevés et l’inflation est à 8%. En raison d’une vague de froid et de brouillard qui se prolonge, le bétail souffre de malnutrition et la production de lait a chuté.
54 % de la richesse nationale est détenue par seulement 1 % de la population.
Selon la Banque mondiale, le pays compte actuellement 36 millions de personnes vivant dans la pauvreté. Les femmes et les jeunes sont les plus touchés. Le changement climatique pourrait déplacer 13 millions de personnes et amputer d’un tiers le PIB du secteur agricole dont dépend 42% de la population.
-Santé : voici quelques chiffres publiés par l’UNICEF et le Bureau des statistiques du Bangladesh : le taux de natalité chez les mères adolescentes est passé de 83 à 92 pour mille ; seuls 59 % des enfants de moins de cinq ans sont enregistrés à la naissance ; la proportion d’enfants non scolarisés dans le secondaire atteint près de 34% ; plus de 80 % des échantillons d’eau prélevés dans les foyers sont contaminés par la bactérie Escherichia coli.
Dans les zones côtières du sud du pays, la santé maternelle et infantile s’aggrave en raison des cyclones, tempêtes et de l’élevage non réglementé de crevettes qui ont poussé l’eau salée dans les rivières, les sols et les eaux souterraines. Les femmes gagnent leur vie en ramassant des alevins de crevettes, l’eau salée jusqu’à la taille et souffrent de maladies de peau, d’infections urinaires et de problèmes de santé reproductive.
Dans ces régions, 73 % de la population boit de l’eau salée non potable. Les villageois dépendent de la récupération des eaux de pluie, des filtres à sable et des systèmes d’osmose inverse. Mais nombre de ces installations sont hors service faute d’entretien et, malgré les efforts du gouvernement et des ONG, les actions restent fragmentées.
Education : à partir du 17 novembre, environ 3,1 millions d’enfants ont commencé à recevoir des aliments nutritifs dans le cadre du programme national d’alimentation scolaire.
Environnement : le 21 novembre, un tremblement de terre de magnitude 5,5 s’est produit 25 kms à l’est de Dhaka. Il a fait 10 victimes et plus de 600 blessés, dont beaucoup dans des mouvements de panique.
Dhaka est devenue la deuxième ville la plus peuplée au monde avec 36,6 millions d’habitants. Selon l’Organisation Internationale pour les Migrations, 4,96 millions de personnes sont actuellement déplacées à l’intérieur du pays en raison de catastrophes naturelles, érosion fluviale, montée des eaux.
Sources : Daily Star et Daily prothom Alo
En 2026, avec GK Savar, nous restons toujours solidaires du peuple bangladais.
Le Comité poursuit ses engagements sur les actions de GK auprès des villages isolés du sud du Bangladesh. Les programmes consistent en la réhabilitation de filtres à sable construits par d’autres ONG mais devenus hors service pour la fourniture d’eau potable, le creusement des mares pour les réserves d’eau et la construction de latrines.
Ces actions progressent grâce aux dons des particuliers, et aux contributions du Secours Populaire Français, de la Fondation Suez et de Terre d’eau en Partage.
Nous espérons aussi participer à des projets de santé primaire pour les habitants très pauvres des chars au nord du pays et très vulnérables aux conditions climatiques.
Récemment, le Comité a reçu une distinction de la part de la Communauté bangladaise de France pour son soutien ininterrompu depuis 1972 à l’œuvre de GK Savar. C’est un encouragement à rester toujours solidaires des populations défavorisées et à poursuivre les efforts contre la pauvreté, la maladie et les discriminations.
A l’occasion de sa 7ème cérémonie annuelle de remise des prix, la Communauté Bangladaise de France (BCF) a rendu hommage au Comité de Soutien à GK Savar en lui décernant un « Lifetime Achievement Award » pour l’année 2025.
Un discours de la BCF a rappelé la fondation de GK au moment de la guerre de libération du Bangladesh, son rôle auprès des combattants blessés, et des réfugiés et son engagement continu depuis 1971 auprès des populations les plus défavorisées. L’objectif de GK a toujours été de lutter dans son pays contre la pauvreté, la faim, la maladie.
Depuis 1972, le Comité français est aux côtés de GK dans cette lutte en faisant connaître ses actions et en faisant appel à la générosité de donateurs ou d’institutions.
Après la remise du prix par Nur Islam Haque, président de BCF, le président du Comité, Jean Pierre Bécue a remercié chaleureusement le BCF et le vice-président Olivier Mesnil a fait un discours en bengali, apprécié par l’assemblée des Bangladais de France.
La lettre semestrielle de novembre 2025, dont voici un aperçu, vient de paraître.
Elle consacre une large part au soutien que le Comité apporte à l’approvisionnement en eau potable et à l’hygiène pour les populations pauvres des Sundarbans.
Trois partenaires complètent le financement de ces programmes par une large contribution : le Secours Populaire Français, la fondation Suez et le fonds de dotation Terre d’Eau en Partage.
La biographie de Maya Altafunessa, décédée cette année, qui était la présidente du directoire de GK Savar, nous éclaire sur son humanité et la force de ses engagements.
L’Assemblée Générale du mois de mai a élu trois nouveaux administrateurs qui connaissent bien le Bangladesh et qui seront de précieux collaborateurs pour les choix et les activités du comité.
Bonne lecture
A l’occasion de ses 80 ans, le Secours Populaire a organisé le 20 août 2025 une très grande fête pour près de 40 000 enfants « oubliés des vacances « venus de toute la France et près de 4000 enfants venus de l’étranger.
Une délégation de quatre enfants et deux accompagnatrices venait de GK Savar. Arrivés en France dès le 8 août, ils avaient séjourné au village Copains du monde de Gravelines. Les deux adultes qui les accompagnaient travaillent pour GK, l’une étant médecin à l’hôpital de Dhaka et l’autre paramédic à l’hôpital de Savar.
Depuis de nombreuses années, le Secours Populaire et le Comité de soutien à GK sont partenaires dans le financement de programmes de GK, comme l’école de conduite des femmes. En 2020, le Secours Populaire a financé de l’aide alimentaire pour 1500 familles soutenues par GK au moment du passage du cyclone Amphan. Il a contribué aussi, avec le Comité de soutien à GK, aux programmes d’aide d’urgence dans les Sundarbans : réhabilitation des puits, reconstruction des maisons détruites, aide à la remise en culture des champs dévastés. Enfin, il n’a pas oublié non plus les services de santé développés par GK auprès des Rohingyas.
Il est sûr que ces enfants bangladais se souviendront de l’accueil qui leur a été réservé en France.
De retour de leur mission au Bangladesh, les quatre membres du bureau ont partagé leurs impressions de voyage : le pays se développe et la société bangladaise fait face à des évolutions tant climatiques que politiques et économiques.
Ils ont dialogué longuement avec les dirigeants de GK qui se réorganisent depuis la mort de Zafrullah Chowdhury, fondateur de l’ONG. La disparition de cet homme si charismatique et fédérateur rend la transition complexe. Mais les valeurs d’origine basées sur les soins de santé primaire pour les plus pauvres et l’émancipation des femmes sont toujours au cœur de leurs actions.
Un déplacement de plusieurs jours dans les « Chars » du nord a permis de constater à quel point le changement climatique met de plus en plus en péril la survie des populations très pauvres de ces zones rurales isolées. Pourtant les terres y sont très riches et sont susceptibles de produire plusieurs récoltes par an à condition que les inondations récurrentes ne viennent pas les détruire ou ne se prolongent trop longtemps.
Ces régions très pauvres, éloignées de la capitale et manquant d’infrastructures sont difficiles d’accès pour les équipes médicales qui ne peuvent assurer leur mission sans aide extérieure, c’est pourquoi il est primordial de ne pas les abandonner. Un nouveau programme de soutien nous sera bientôt soumis.
Les programmes en cours concernant l’accès à l’eau potable dans la région des Sundarbans, au sud du pays, se poursuivent. Un laboratoire d’analyses pouvant réaliser des tests bactériologiques pour surveiller la qualité de l’eau des filtres à sable (PSF) sera bientôt mis en place. Nous recherchons de nouveaux financements afin de permettre l’accès à l’eau potable à de nouveaux villages grâce à la réhabilitation de PSF hors d’usage.
Comme celles des années précédentes, cette mission, financée entièrement par les participants, a été l’occasion de mesurer les besoins les plus urgents pour les habitants de ces régions qui subissent le changement climatique de plein fouet.