Ces informations, issues de journaux bangladais, offrent un aperçu d’évènements politiques, économiques et sociaux du Bangladesh.
-Politique : La campagne électorale pour les élections législatives du 12 février a débuté le 22 janvier. Dans le contexte actuel de violence politique, le BNP est considéré comme le favori. Face à lui et grâce à un partage des futures candidatures, le parti d’extrême-droite Jamaat-e-islami, longtemps interdit, a créé une « alliance électorale à 10 partis » comprenant, entre autres, cinq partis islamistes et le NCP, parti des étudiants formé après la révolte de 2024.
La mission d’observation électorale de l’Union européenne envoie des observateurs ainsi qu’une délégation de députés européens.
-Rohingyas : La Cour Internationale de Justice a débuté le 12 janvier à La Haye trois semaines d’audience au sujet de l’accusation de génocide des rohingyas par l’armée birmane, portée par la Gambie. La CIJ ne juge pas les individus mais détermine la responsabilité des états et le jugement final sera juridiquement contraignant.
Tensions le long de la frontière birmane où la junte birmane au pouvoir a réalisé des attaques aériennes contre l’Armée d’Arakan. Les garde-frontières bangladais ont arrêté 53 membres de l’ARSA (Armée du Salut des Rohingyas de l’Arakan) qui avaient franchi la frontière.
Près de Teknaf, un jeune bangladais a perdu une jambe dans l’explosion d’une mine et une fillette a reçu une balle dans la tête par un tir venant du Myanmar. Depuis 5 ans, 27 personnes, travaillant dans les champs, sont devenues handicapées en raison des mines à la frontière.
-Economie : crise d’approvisionnement et pénurie de GPL sur le marché font monter les prix.
Dans les Sundarbans, l’élevage de crabes à carapace molle, axé sur l’exportation, connaît une forte croissance en raison de sa meilleure rentabilité et constitue une importante source d’emplois et de devises étrangères. Mais cette croissance s’accompagne de risques pour l’équilibre de l’écosystème de la mangrove dans lequel les crabes jouent un rôle essentiel.
-Santé : en 2025, les services de santé ont fait face à des difficultés : arrêt du financement de l’USAID, augmentation des cas de dengue, pénuries de médicaments dans de nombreux dispensaires communautaires.
Selon la Fondation bangladaise pour la sécurité, la santé et l’environnement au travail (OSHE), 1190 travailleurs ont été tués en 2025, en raison de conditions de travail dangereuses, dont 84% dans le secteur informel.
Le gouvernement a élargi et mis à jour la Liste nationale des médicaments essentiels (EDL), qui comprend maintenant 295 médicaments. Ils doivent être vendus au prix fixé par lui. GK s’est réjoui de cette nouvelle et a noté qu’environ 80% des maladies courantes peuvent être soignées par ces médicaments.
-Environnement : 45 fours à briques ont été condamnés pour exploitation illégale et violation des réglementations environnementales à des amendes et à être détruit pour l’un d’eux.
Transparency International Bangladesh a révélé une mauvaise gestion des déchets électroniques : manque de réglementation du secteur informel, persistance des importations illégales de déchets électroniques et risques liés au genre, car les femmes sont souvent impliquées dans la collecte et le tri de ces déchets. TIB a recommandé des mesures de protection pour la santé et la sécurité au travail et sur la responsabilité des importateurs.
Début janvier, le froid et le brouillard persistants ont paralysé le nord du pays, perturbant la vie quotidienne et les moyens de subsistance des communautés pauvres vivant de l’agriculture.
Au sud-ouest du Bangladesh, un prototype d’ » adaptation fortress » va être mis en place en transformant une école et un abri anticyclonique existants en un refuge sûr et frais lors des vagues de chaleur, avec panneaux solaires, récupération des eaux de pluie et système de partage de l’énergie excédentaire avec la communauté. Si le projet pilote est concluant, l’initiative pourrait être étendue dans toute la région.
Sources : Daily Star et Daily Prothom Alo
En 2026, avec GK Savar, nous restons toujours solidaires du peuple bangladais.
Le Comité poursuit ses engagements sur les actions de GK auprès des villages isolés du sud du Bangladesh. Les programmes consistent en la réhabilitation de filtres à sable construits par d’autres ONG mais devenus hors service pour la fourniture d’eau potable, le creusement des mares pour les réserves d’eau et la construction de latrines.
Ces actions progressent grâce aux dons des particuliers, et aux contributions du Secours Populaire Français, de la Fondation Suez et de Terre d’eau en Partage.
Nous espérons aussi participer à des projets de santé primaire pour les habitants très pauvres des chars au nord du pays et très vulnérables aux conditions climatiques.
Récemment, le Comité a reçu une distinction de la part de la Communauté bangladaise de France pour son soutien ininterrompu depuis 1972 à l’œuvre de GK Savar. C’est un encouragement à rester toujours solidaires des populations défavorisées et à poursuivre les efforts contre la pauvreté, la maladie et les discriminations.
A l’occasion de sa 7ème cérémonie annuelle de remise des prix, la Communauté Bangladaise de France (BCF) a rendu hommage au Comité de Soutien à GK Savar en lui décernant un « Lifetime Achievement Award » pour l’année 2025.
Un discours de la BCF a rappelé la fondation de GK au moment de la guerre de libération du Bangladesh, son rôle auprès des combattants blessés, et des réfugiés et son engagement continu depuis 1971 auprès des populations les plus défavorisées. L’objectif de GK a toujours été de lutter dans son pays contre la pauvreté, la faim, la maladie.
Depuis 1972, le Comité français est aux côtés de GK dans cette lutte en faisant connaître ses actions et en faisant appel à la générosité de donateurs ou d’institutions.
Après la remise du prix par Nur Islam Haque, président de BCF, le président du Comité, Jean Pierre Bécue a remercié chaleureusement le BCF et le vice-président Olivier Mesnil a fait un discours en bengali, apprécié par l’assemblée des Bangladais de France.
La lettre semestrielle de novembre 2025, dont voici un aperçu, vient de paraître.
Elle consacre une large part au soutien que le Comité apporte à l’approvisionnement en eau potable et à l’hygiène pour les populations pauvres des Sundarbans.
Trois partenaires complètent le financement de ces programmes par une large contribution : le Secours Populaire Français, la fondation Suez et le fonds de dotation Terre d’Eau en Partage.
La biographie de Maya Altafunessa, décédée cette année, qui était la présidente du directoire de GK Savar, nous éclaire sur son humanité et la force de ses engagements.
L’Assemblée Générale du mois de mai a élu trois nouveaux administrateurs qui connaissent bien le Bangladesh et qui seront de précieux collaborateurs pour les choix et les activités du comité.
Bonne lecture
A l’occasion de ses 80 ans, le Secours Populaire a organisé le 20 août 2025 une très grande fête pour près de 40 000 enfants « oubliés des vacances « venus de toute la France et près de 4000 enfants venus de l’étranger.
Une délégation de quatre enfants et deux accompagnatrices venait de GK Savar. Arrivés en France dès le 8 août, ils avaient séjourné au village Copains du monde de Gravelines. Les deux adultes qui les accompagnaient travaillent pour GK, l’une étant médecin à l’hôpital de Dhaka et l’autre paramédic à l’hôpital de Savar.
Depuis de nombreuses années, le Secours Populaire et le Comité de soutien à GK sont partenaires dans le financement de programmes de GK, comme l’école de conduite des femmes. En 2020, le Secours Populaire a financé de l’aide alimentaire pour 1500 familles soutenues par GK au moment du passage du cyclone Amphan. Il a contribué aussi, avec le Comité de soutien à GK, aux programmes d’aide d’urgence dans les Sundarbans : réhabilitation des puits, reconstruction des maisons détruites, aide à la remise en culture des champs dévastés. Enfin, il n’a pas oublié non plus les services de santé développés par GK auprès des Rohingyas.
Il est sûr que ces enfants bangladais se souviendront de l’accueil qui leur a été réservé en France.
De retour de leur mission au Bangladesh, les quatre membres du bureau ont partagé leurs impressions de voyage : le pays se développe et la société bangladaise fait face à des évolutions tant climatiques que politiques et économiques.
Ils ont dialogué longuement avec les dirigeants de GK qui se réorganisent depuis la mort de Zafrullah Chowdhury, fondateur de l’ONG. La disparition de cet homme si charismatique et fédérateur rend la transition complexe. Mais les valeurs d’origine basées sur les soins de santé primaire pour les plus pauvres et l’émancipation des femmes sont toujours au cœur de leurs actions.
Un déplacement de plusieurs jours dans les « Chars » du nord a permis de constater à quel point le changement climatique met de plus en plus en péril la survie des populations très pauvres de ces zones rurales isolées. Pourtant les terres y sont très riches et sont susceptibles de produire plusieurs récoltes par an à condition que les inondations récurrentes ne viennent pas les détruire ou ne se prolongent trop longtemps.
Ces régions très pauvres, éloignées de la capitale et manquant d’infrastructures sont difficiles d’accès pour les équipes médicales qui ne peuvent assurer leur mission sans aide extérieure, c’est pourquoi il est primordial de ne pas les abandonner. Un nouveau programme de soutien nous sera bientôt soumis.
Les programmes en cours concernant l’accès à l’eau potable dans la région des Sundarbans, au sud du pays, se poursuivent. Un laboratoire d’analyses pouvant réaliser des tests bactériologiques pour surveiller la qualité de l’eau des filtres à sable (PSF) sera bientôt mis en place. Nous recherchons de nouveaux financements afin de permettre l’accès à l’eau potable à de nouveaux villages grâce à la réhabilitation de PSF hors d’usage.
Comme celles des années précédentes, cette mission, financée entièrement par les participants, a été l’occasion de mesurer les besoins les plus urgents pour les habitants de ces régions qui subissent le changement climatique de plein fouet.