La lettre de mai 2026

La lettre semestrielle du Comité de mai 2026 vient de paraître.  Voici un aperçu de son contenu.

Après une longue période de gouvernement autoritaire et d’atteinte aux droits humains, ce début d’année 2026 a constitué un tournant pour les Bangladais appelés à élire les nouveaux membres du Parlement. Dans un interview, deux spécialistes du Bangladesh dressent un état actuel de la vie politique, sociale et culturelle du pays.  

Shireen Pervin Huq, la veuve du Dr Zafrullah est maintenant la présidente du Conseil d’administration de GK Savar. Son parcours révèle une femme militante très engagée pour les droits humains, pour les femmes, en particulier et pour les Rohingyas.

Grâce à la réparation d’anciens filtres à sable (PSF) hors d’usage, des habitants des Sundarbans, au sud du pays, ont à nouveau accès à l’eau potable dans leurs villages. En complément de ce programme, il faut noter l’approfondissement des mares de stockage de l’eau de mousson (Pond), et la construction de latrines familiales, indispensables à la santé.

Nous vous souhaitons une bonne lecture.

Les voeux du Comité

En 2026, avec GK Savar, nous restons toujours solidaires du peuple bangladais.

Le Comité poursuit ses engagements sur les actions de GK auprès des villages isolés du sud du Bangladesh. Les programmes consistent en la réhabilitation de filtres à sable construits par d’autres ONG mais devenus hors service pour la fourniture d’eau potable, le creusement des mares pour les réserves d’eau et la construction de latrines.

Ces actions progressent grâce aux dons des particuliers, et aux contributions du Secours Populaire Français, de la Fondation Suez et de Terre d’eau en Partage.

Nous espérons aussi participer à des projets de santé primaire pour les habitants très pauvres des chars au nord du pays et très vulnérables aux conditions climatiques.

Récemment, le Comité a reçu une distinction de la part de la Communauté bangladaise de France pour son soutien ininterrompu depuis 1972 à l’œuvre de GK Savar. C’est un encouragement à rester toujours solidaires des populations défavorisées et à poursuivre les efforts contre la pauvreté, la maladie et les discriminations.

Prix de la BCF

A l’occasion de sa 7ème cérémonie annuelle de remise des prix, la Communauté Bangladaise de France (BCF) a rendu hommage au Comité de Soutien à GK Savar en lui décernant un « Lifetime Achievement Award » pour l’année 2025.

Un discours de la BCF a rappelé la fondation de GK au moment de la guerre de libération du Bangladesh, son rôle auprès des combattants blessés, et des réfugiés et son engagement continu depuis 1971 auprès des populations les plus défavorisées. L’objectif de GK a toujours été de lutter dans son pays contre la pauvreté, la faim, la maladie.

Depuis 1972, le Comité français est aux côtés de GK dans cette lutte en faisant connaître ses actions et en faisant appel à la générosité de donateurs ou d’institutions.

Après la remise du prix par Nur Islam Haque, président de BCF, le président du Comité, Jean Pierre Bécue a remercié chaleureusement le BCF et le vice-président Olivier Mesnil a fait un discours en bengali, apprécié par l’assemblée des Bangladais de France.

FESTISOL 2025

A l’occasion du Festisol, ou Festival des Solidarités 2025, la Maison de la Culture de Bourges a programmé une Soirée Bengale le jeudi 20 novembre à 20h15.

Deux films sont à l’affiche, en présence des réalisateurs :

« L’eau du diable » de Amirul Arham

Au Bangladesh, 49 millions de personnes consomment chaque jour de l’eau contaminée par l’arsenic. Mal informés, des gens meurent dans leurs villages dans l’indifférence générale. L’origine ? Les millions de pompes installées à travers le pays dans les années 1970 dont l’eau, deux décennies plus tard, s’avère fortement contaminée. Un film sur « le plus grand empoisonnement collectif de l’histoire », selon les termes de l’OMS. Dans un village, Asma, Nazma et Rehka racontent comment leurs vies sont affectées par l’eau du diable.

« Bonobibi, femme de la forêt » de Joy Banerjee

Dans les mangroves des Sundarbans du Golfe du Bengale, où vit le « tigre mangeur d’hommes » et où habitent des familles de pêcheurs et de récolteurs de miel, le danger est quotidien. Ici, la déesse Bonobibi est la protectrice de toutes les communautés qu’elles soient musulmanes, hindoues ou animistes. Les rituels sont communs à tous. Avec beaucoup de sensibilité, Annu Jalais, anthropologue, retrace l’histoire de cette légende et rend compte de la bonne cohabitation entre les habitants.

Journée des oubliés des vacances

A l’occasion de ses 80 ans, le Secours Populaire a organisé le 20 août 2025 une très grande fête pour près de 40 000 enfants « oubliés des vacances « venus de toute la France et près de 4000 enfants venus de l’étranger.

Une délégation de quatre enfants et deux accompagnatrices venait de GK Savar. Arrivés en France dès le 8 août, ils avaient séjourné au village Copains du monde de Gravelines. Les deux adultes qui les accompagnaient travaillent pour GK, l’une étant médecin à l’hôpital de Dhaka et l’autre paramédic à l’hôpital de Savar.

Depuis de nombreuses années, le Secours Populaire et le Comité de soutien à GK sont partenaires dans le financement de programmes de GK, comme l’école de conduite des femmes. En 2020, le Secours Populaire a financé de l’aide alimentaire pour 1500 familles soutenues par GK au moment du passage du cyclone Amphan. Il a contribué aussi, avec le Comité de soutien à GK, aux programmes d’aide d’urgence dans les Sundarbans : réhabilitation des puits, reconstruction des maisons détruites, aide à la remise en culture des champs dévastés. Enfin, il n’a pas oublié non plus les services de santé développés par GK auprès des Rohingyas.

Il est sûr que ces enfants bangladais se souviendront de l’accueil qui leur a été réservé en France.

Mémoires

A l’occasion du deuxième anniversaire de la mort de Zafrullah Chowdhury, fondateur de GK, une cérémonie du souvenir s’est tenue à Savar le 11 avril 2025. Les paroles de cet homme courageux résonnaient dans les mémoires : « Le ciel est ton adresse, il n’y a aucune raison de craindre. Je voulais un autre monde, monde de joie, monde de bonheur. Ne serait-ce pas ce monde ? Peut-être. « 

Pour lui succéder comme présidente du GK Trust, le directoire de l’ONG, Zafrullah avait nommé la professeure Altafunnesa Maya, engagée auprès de GK depuis la guerre d’indépendance du Bangladesh et la création de GK en 1972. Au cours de sa carrière, elle a travaillé dans les domaines de l’éducation, de la santé publique et du développement social. Malheureusement, cette fidèle de la première heure est décédée le 7 avril 2025. La communauté de GK, qui a perdu, en deux ans à peine, deux personnalités de premier plan est à nouveau en deuil.

Retour de mission

De retour de leur mission au Bangladesh, les quatre membres du bureau ont partagé leurs impressions de voyage : le pays se développe et la société bangladaise fait face à des évolutions tant climatiques que politiques et économiques.

Ils ont dialogué longuement avec les dirigeants de GK qui se réorganisent depuis la mort de Zafrullah Chowdhury, fondateur de l’ONG. La disparition de cet homme si charismatique et fédérateur rend la transition complexe. Mais les valeurs d’origine basées sur les soins de santé primaire pour les plus pauvres et l’émancipation des femmes sont toujours au cœur de leurs actions.

Un déplacement de plusieurs jours dans les « Chars » du nord a permis de constater à quel point le changement climatique met de plus en plus en péril la survie des populations très pauvres de ces zones rurales isolées. Pourtant les terres y sont très riches et sont susceptibles de produire plusieurs récoltes par an à condition que les inondations récurrentes ne viennent pas les détruire ou ne se prolongent trop longtemps.

 Ces régions très pauvres, éloignées de la capitale et manquant d’infrastructures sont difficiles d’accès pour les équipes médicales qui ne peuvent assurer leur mission sans aide extérieure, c’est pourquoi il est primordial de ne pas les abandonner. Un nouveau programme de soutien nous sera bientôt soumis.

Les programmes en cours concernant l’accès à l’eau potable dans la région des Sundarbans, au sud du pays, se poursuivent. Un laboratoire d’analyses pouvant réaliser des tests bactériologiques pour surveiller la qualité de l’eau des filtres à sable (PSF) sera bientôt mis en place. Nous recherchons de nouveaux financements afin de permettre l’accès à l’eau potable à de nouveaux villages grâce à la réhabilitation de PSF hors d’usage.

Comme celles des années précédentes, cette mission, financée entièrement par les participants, a été l’occasion de mesurer les besoins les plus urgents pour les habitants de ces régions qui subissent le changement climatique de plein fouet.

Journée internationale des femmes rurales

Le 15 octobre était la journée internationale des femmes rurales. Mais entendons-nous parler des femmes rurales dans le monde et de leurs conditions de vie ?

Un des points forts de GK, depuis sa fondation, est l’attention qu’il porte aux zones rurales et à l’émancipation des femmes.

Dans le domaine de la santé, il forme des paramédics, jeunes femmes en majorité, qui visitent les familles des villages isolés. Il crée des centres de santé dans les régions les plus pauvres. Dans les campagnes reculées, sans hôpitaux, il favorise les accouchements à domicile en formant les sages-femmes traditionnelles habitantes des villages.

Dans le domaine du développement rural, GK apporte son soutien à la création de jardins familiaux par des distributions de semences, de vermi-compost et par les conseils de ses techniciens locaux. Ce sont majoritairement les femmes qui cultivent ces jardins et qui sont à la tête des coopératives agricoles organisées par les bénéficiaires de ces projets.

Dans le domaine de l’accès à l’eau, GK contribue au creusement des « ponds » (retenues de l’eau des moussons) pour alimenter des filtres à sables dans les villages et permettre ainsi l’accès à l’eau potable. Les femmes, libérées partiellement de la « corvée d’eau », sont les premières bénéficiaires de ces programmes. S’ajoute à cette action la construction de latrines particulièrement indispensables aux jeunes filles et aux femmes.